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Capital B lève 21 millions d’euros, et la leçon qui compte sur les treasury companies

Capital B, en France, a levé 21 millions d’euros aux côtés d’Adam Back et de TOBAM. Le modèle est celui de Strategy, la leçon aussi : le pari est simple, et le pilotage du bilan décide de ce que touchent les actionnaires.

Court terme

Neutre / consolidation

prochaines 1 à 4 semaines

Bitcoin a signé sa première clôture quotidienne au-dessus de 80 000 $ depuis la mi-mai ; tant que le niveau tient, nous mettons les chances d’un repli vers la zone des 70 000 $ sous 40 %, et la consolidation au sommet est le chemin le plus probable, la vue à court terme reste donc Neutre / consolidation.

Moyen terme

Fortement haussier

prochains 1 à 6 mois

La reprise se consolide juste sous la bande des 81 000 $ à 84 000 $ qui a plafonné mai et marque le niveau de rupture de janvier ; une résolution au-dessus ouvrirait de nouveaux sommets de ce mouvement, et la vue à moyen terme reste Fortement haussier.

Long terme

Fortement haussier

prochaines 1 à 3 années

La perspective de long terme reste Fortement haussier ; qu’un passage par la zone des 70 000 $ survienne d’abord ou non, la thèse pluriannuelle est inchangée.

  • Capital B a levé 21 millions d’euros avec Adam Back et TOBAM ; le modèle est celui de Strategy, et la leçon qui compte vaut pour toute treasury company.
  • Le bitcoin par action de Strategy : 195 000 sats en janvier, 201 000 en mars, 189 000 à mi-année. Le chemin, pas la thèse, fixe votre rendement.

Capital B, la bitcoin treasury company française cotée sur Euronext Growth, a levé 21 millions d’euros dans un placement privé dont les soutiens comptent Adam Back, de Blockstream, et TOBAM, le gérant d’actifs fondé par Yves Choueifaty qui avait lancé le premier fonds Bitcoin d’Europe dès 2017. Le produit de l’opération porte sa réserve vers environ 3 415 BTC. Nous n’écrirons pas de portrait de Capital B aujourd’hui, pour une raison honnête : dans son cœur, le modèle est celui de Strategy, que nous avons couvert sous toutes les coutures, et le répéter sous drapeau français ajouterait peu. Ce que l’annonce offre, c’est l’occasion de fixer la leçon qui compte pour quiconque détient l’un de ces noms, Strategy, Capital B, Strive ou le prochain.

Le pari, lui, est à peu près le même partout : le bitcoin surperformera le coût du capital levé pour l’acheter, et la différence reviendra à l’action. Pour l’actionnaire, la promesse a une forme précise, chaque action représentant toujours plus de BTC au fil du temps, de sorte que le titre surperforme le bitcoin lui-même. Formulez-le ainsi et le risque devient visible : il existe un monde où, dans quelques années, le bitcoin s’échange où vous l’espériez, et où votre investissement n’a quand même pas fait ce que vous attendiez. Vous pouvez même avoir gagné de l’argent, mais pas dans des proportions qui justifiaient le risque pris. Comprendre pourquoi est tout le jeu.

Le pourquoi, c’est le bilan. Ce que ces entreprises craignent le plus, c’est l’échec impardonnable du genre, avoir raison sur la thèse et mourir sur le timing ; elles pilotent donc leur bilan pour éviter la liquidation : émission d’actions et d’instruments preferred, achats et ventes de bitcoin et de dollars selon les conditions. Ce pilotage est du bruit pour l’actionnaire. À tout instant, votre action peut représenter plus ou moins de sats que le trimestre précédent. Les propres publications de Strategy le retracent précisément : environ 195 000 sats derrière chaque action début janvier, environ 201 000 fin mars, environ 189 000 à mi-année, après un printemps passé à défendre la structure. L’amplification que votre action applique aux mouvements du bitcoin n’est pas une constante ; une hausse amplifiée par un facteur suivie d’une baisse amplifiée par un autre compose un résultat que la thèse seule n’aurait jamais prédit.

Le décor qui rend tout cela lisible s’est d’ailleurs amélioré. La preferred STRC de Strategy est remontée vers sa marque des 100 $ après le creux de juin, la liquidité en dollars de 6,69 milliards couvre désormais à peu près la dette convertible restante, et le levier net est proche de zéro. C’est le moment où l’on voit le mieux ce que ces sociétés sont devenues : des équipes qui ressemblent moins à des trésoriers d’entreprise qu’à des hedge funds gérant un livre vivant. Une vue haussière de long terme sur le bitcoin est un prérequis pour les détenir, et elle est loin de suffire ; le reste consiste à souscrire à la compétence du desk qui pilote le bilan. Ce qui compte n’est ni le point de départ ni le point d’arrivée, mais tout ce qui se passe en chemin.

Le marché, lui, est resté dans ses lignes : Bitcoin s’échange près de 77 600 $, sous 80 000 $ pour une cinquième séance mais en tenant chaque repli au-dessus des 75 600 $ dont notre note de dimanche a fait le fardeau des vendeurs. Nos trois vues d’horizon sont inchangées.

Cette publication constitue une analyse de marché et non une recommandation d’achat ou de vente.

Ce qui changerait la vue

  • Un bitcoin par action de Strategy repartant à la hausse, signe que la phase de défense du bilan est derrière.
  • Une treasury company se différenciant par la structure plutôt que par la taille, ce qui mériterait un vrai portrait.
  • Un retour du stress sur les preferred ou les convertibles forçant une dilution par action dans tout le secteur.

Sources