La guerre des blocs
Avant de se demander si l’argent peut orienter Bitcoin, autant rejouer la fois où il a essayé le plus fort. En 2017, une coalition revendiquant l’essentiel du secteur et du hashrate a voulu changer les règles — et a perdu.
Court terme
Biais baissier
prochaines 1 à 4 semaines
Le rejet s’est poursuivi avec un repli vers environ 63 300 $, confirmant le Biais baissier de court terme. Les acheteurs doivent défendre le support des 62 000 $. Sa perte ouvrirait une dernière jambe de baisse — potentiellement vers 38 000 $ — qui pourrait conclure le marché baissier.
Moyen terme
Biais baissier
prochains 1 à 6 mois
La tendance baissière de moyen terme reste intacte, Bitcoin consolidant dans le bas des 60 000 $ : ce Biais baissier laisse le risque orienté à la baisse tant que les acheteurs ne reprennent pas la résistance.
Long terme
Fortement haussier
prochaines 1 à 3 années
La perspective de long terme reste Fortement haussier ; ni le retest du bas des 60 000 $ ni une éventuelle jambe de capitulation ne changeraient la thèse pluriannuelle.
- En mai 2017, le New York Agreement a aligné entreprises et mineurs derrière SegWit2x : 58 sociétés dans 22 pays et plus de 80 % du hashrate revendiqués.
- Six mois plus tard, le hard fork était suspendu à quelques jours de l’activation — il manquait la seule chose qui compte, le consensus des utilisateurs.
Une question qui a un précédent
Notre couverture du consortium a soulevé cette semaine une objection que nous prenons au sérieux : celui qui paie les développeurs ne finit-il pas, indirectement, par choisir ce que Bitcoin devient ? La meilleure réponse n’est pas une théorie mais un précédent. En 2017, au cœur de ce qu’on appelle la guerre des blocs, la coalition la mieux capitalisée de l’histoire de Bitcoin a tenté de changer les règles du protocole avec presque tous les leviers visibles du pouvoir de son côté. Rejouer cet épisode en détail est la façon la plus honnête de mesurer ce que l’argent peut, et ne peut pas, faire ici.
Deux voies pour un même différend
Depuis un certain temps déjà, une partie de l’écosystème voulait augmenter la capacité de Bitcoin en élargissant les blocs. Aucun consensus ne s’est formé autour de cette évolution, et le désaccord a fini par se scinder en deux stratégies distinctes. Un camp a cessé d’attendre : le 1er août 2017, il a activé un hard fork avec des blocs plus grands, et on s’est retrouvé avec Bitcoin d’un côté et Bitcoin Cash de l’autre — un réseau séparé, avec ses propres règles. L’autre stratégie, SegWit2x, visait plus ambitieux qu’une scission : un compromis négocié que tout le réseau reconnaîtrait comme une mise à niveau de Bitcoin lui-même, et non comme un départ.
La proposition la plus soutenue de l’histoire de Bitcoin
Ce compromis avait été conclu en mai 2017, quand une coalition de grandes entreprises et de mineurs s’était réunie à New York, en marge d’une conférence du secteur, pour signer ce qui est resté comme le New York Agreement. Coinbase, BitPay, Bitmain, Blockchain et Xapo figuraient parmi les soutiens, et l’accord revendiquait l’appui de 58 entreprises dans 22 pays et de mineurs représentant plus de 80 % du hashrate mondial. Le plan tenait en deux étapes : d’abord activer SegWit, une modification optimisant l’usage de l’espace des blocs, que l’autre camp réclamait de longue date ; puis, quelques mois plus tard, doubler la limite de base des blocs par un hard fork. Sur le papier, pratiquement tout ce qui semblait capable d’orienter Bitcoin était derrière cet accord — et la première étape a bien eu lieu, SegWit s’activant en août 2017.
La suspension
La seconde étape n’est jamais venue. À mesure que le hard fork approchait, il devenait évident qu’une partie importante des développeurs, des utilisateurs et des opérateurs de nœuds ne suivrait pas. Continuer n’aurait probablement pas permis de modifier Bitcoin de manière incontestée ; cela risquait surtout de créer une chaîne parallèle supplémentaire. Le 8 novembre 2017, à quelques jours de l’activation prévue, les responsables du projet ont suspendu SegWit2x, écrivant qu’ils n’avaient pas réuni un consensus suffisant pour une mise à niveau propre. Les 58 entreprises revendiquées et la majorité du hashrate n’auront pas suffi — un résultat qui ne s’explique vraiment qu’en regardant ce que fait un nœud, et c’est là que nous reprendrons.
Ce que Signal21 en retient
L’épisode de 2017 est l’expérience naturelle la plus propre que Bitcoin ait produite sur la question qui traverse notre série sur le consortium : le poids institutionnel, si visible soit-il, n’a jamais été l’unité dans laquelle se décident les règles de Bitcoin. Rien de cette histoire ne change le marché immédiat, où notre vue à court et moyen terme reste en Biais baissier sur une structure de prix non réparée. Elle éclaire en revanche le long terme, où notre perspective demeure Fortement haussier : un actif qui a déjà survécu à sa tentative de capture la mieux financée porte une preuve que la plupart des actifs n’ont jamais l’occasion d’accumuler. Cette publication constitue une analyse de marché et non une recommandation d’achat ou de vente.
Ce qui changerait la vue
- Une coalition moderne reprenant ouvertement le scénario — soutien coordonné d’entreprises et de mineurs à une règle incompatible — rouvrirait le test.
- Des signes de concentration de l’exploitation des nœuds entre quelques mains affaibliraient le mécanisme sur lequel repose cette histoire.